Spiruline vs. tabagisme

Flash info : une étude publiée dans Missouri Medicine note que la spiruline aurait « le potentiel de tempérer les effets pro-oxydatifs des aldéhydes et des cétones de la fumée de tabac » et en appelle à davantage de recherches sur le sujet, notant que l’utilisation de spiruline « mérite exploration comme une stratégie pour modérer l’impact pathogène d’utilisateurs chroniques de tabac qui soit ne réussissent pas à arrêter de fumer ou refusent d’arrêtent ». Pour ma part, j’irais encore plus loin : le tabagisme passif est aussi très meurtrier et et nous sommes tous exposés à de la fumée de cigarettes, que ce soit comme fumeurs ou pas. Ces bienfaits, s’ils sont confirmés en bonne et due forme, seraient donc une excellente nouvelle pour à peu près tout le monde.

Fumer du tabac – un risque de mortalité fortement accru qui pourrait être tempéré par la consommation de spiruline. Image : CC-by by J'ram DJ (https://www.flickr.com/photos/jram23/3930592049/).

Comment la spiruline réussirait un tel exploit ?

L’équipe de chercheurs est arrivée à la conclusion que la spiruline pourrait avoir des bienfaits pour les fumeurs sur la base de l’étude d’un de ses composés appelé phycocyanobiline, l’un des pigments bleus spécifiques de la spiruline. Des études sur des rats ainsi que des cultures de cellules humaines met en évidence que ce pigment puissant inhibe l’activité de plusieurs composés toxiques de la fumée dans les tissus vasculaires et les poumons, ce qui pourrait avoir l’effet de réduire les facteurs de risque sur des pathologies cardiovasculaires et pulmonaires, dont le cancer du poumon.

Nous restons à l’écoute !

Le résumé intégral du papier scientifique traduit en français

Pour permettre de profiter du résumé des chercheurs en français, voici :

« [Le carvedilol et la spiruline pourraient fournir un important effet protecteur sur la santé pour les fumeurs et autres personnes dépendantes à la nicotine : un appel pour des recherches pertinentes sur le sujet.] »

La nicotine et les aldéhydes et cétones semi-stables solubles présentes dans la fumée de cigarette sont des médiateurs biochimiques clés de risques élevés pour les maladies vasculaires, cancers et pneumopathies chroniques obstructives observées chez les fumeurs. La nicotine, agissant par stimulation sympathique, accroît à la fois le risque de maladie vasculaire et de cancer. L’inhibition globale de l’activité sympatique avec le carvedilol, médicament bien toléré, lequel inhibe les récepteurs alpha-1-, bêta-1- et bêta-2-adrénergiques, pourrait s’avérer avoir un effet protecteur sur les fumeurs et autres personnes dépendantes à la nicotine. Les aldéhydes et cétones solubles de la fumée de cigarette semblent exercer leurs effets négatifs au moyen de l’activitaion de complexes NADPH oxydase dans les tissus vasculaires et les poumons. Il a été démontré, à la fois sur des études sur des rongeurs et sur des cultures de cellules humaines, la capacité qu’a le composé phytochimique appelé phycocyanobiline (PhyCB), fourni en abondance par la cyanobactérie comestible qu’est la spiruline, à imiter en toute sécurité la fonction physiologique de la bilirubine intracellulaire comme inhibiteur de l’activité de la NADPH oxydase. La phycocyanobiline pourrait en conséquence avoir le potentiel de tempérer les effets pro-oxydatifs des aldéhydes et cétones de la fumée de tabac. L’administration conjointe de carvedilol et de spiruline mérite exploration comme une stratégie pour modérer l’impact pathogène d’utilisateurs chroniques de tabac qui soit ne réussissent pas à arrêter de fumer ou refusent d’arrêter. Le carvedilol pourrait s’avérer approprié pour les personnes dépendantes qui utilisent d’autres méthodes de sevrage tabagique (tabac sans fumée, cigarettes électroniques, gomme à la nicotine). Des études cliniques complémentaires pour évaluer l’impact du carvedilol sur les facteurs de risque cardiovasculaires chez les personnes dépendantes à la nicotine, ainsi que des études réalisées sur des rongeurs pour étudier les marqueurs d’inflammation pulmonaire sur des rongeurs exposés à la fumée de tabac nourris de PhyCB sont recommandés.

La référence : « Carvedilol and spirulina may provide important health protection to smokers and other nicotine addicts: a call for pertinent research » in Missouri Medicine 2015 Jan-Feb;112(1):72-5.


Attention : le fait que nous citions une étude ayant recours à l’expérimentation animale n’implique pas que nous soutenions dans la moindre mesure les méthodes utilisées, bien au contraire. Nous sommes très clairs sur notre dénonciation de l’expérimentation animale.

Laisser un commentaire